Nous avons quitté le « triangle touristique de la Cappadoce » pour nous diriger à l'est vers Develi. Nous traversons de vastes paysages de plateaux en altitude. Il ne manque que les yourtes pour se croire en Mongolie!Sur_la_route_de_Tomarza

En route, alors qu'il tombe un orage de grêle, nous nous arrêtons en bordure du village d'Akköy, dans la montagne, pour déjeuner. Un point d'eau, un endroit un peu plat proche d'une maison fera l'affaire. Alors que nous finissons notre repas, une femme sort de sa maison et s'approche un peu. Je sors du camion et vais à sa rencontre. Le contact s'établit immédiatement en allemand. Sherife est une femme d'une soixante d'années qui a vécu en allemagne où travaillait son mari.Nous faisons connaissance. Elle va chez elle et nous rapporte un plateau avec 2 verres de café. Nous la faisons monter dans le camion et Sherifel'installons dans « notre salon ». La conversation va bon train : les enfants restés en Allemagne, les petits enfants, on lui montre les photos des nôtres, on parle du travail. Elle nous fait comprendre qu'en Allemagne, elle ne portait pas le foulard, mais qu'ici c'est différent. Nous prenons des photos dans le camion car il pleut encore dehors, les lui imprimons et lui donnons. Elle est ravie de ce moment de distraction et nous de cette belle rencontre.

Nous poursuivons notre route en direction de Develi, une petite ville sans attrait particulier pour d'éventuels étrangers de passage. Sous la pluie, nous traversons la ville par la rue principale à la recherche d'un magasin pour faire quelques courses. Nous trouvons un petit supermarché. La caissière et la vendeuse pouffent de rire à notre « merhaba » (bonjour)! Elles sont très étonnées, excitées, intriguées de nous voir : des touristes !!Nous achetons le minimum qui nous est nécessaire dans ce magasin un peu vide.

La fin de la journée est proche, nous devons trouver un coin hospitalier et tranquille pour la nuit. Nous cherchons … rien de très engageant. Nous nous stationnons finalement à proximité d'immeubles récents à la périphérie de la ville. Ca a l'air calme. Ah!ah! erreur! erreur!

Deux jeunes garçons qui s'ennuient un peu commencent à tourner autour du camion, tentent des « hello! » pour nous faire sortir. Le plus jeune, un peu excité, frappe à la carrosserie. On ne s'en sortira pas sans contact : il faut sortir, ce que je fais un peu agacée. Quand j'ouvre la porte, les gamins surpris s'envolent comme des moineaux puis s'arrêtent. Quelques mots s'échangent en anglais et en turc ( what's your name? Les noms de clubs de foot turc etc) Leur curiosité satisfaite, ils s'éloignent.

Ah!Ah! Tranquilles? Le lendemain matin à l'heure de la classe, ça recommence!

Il faut dire que nous sommes sur le chemin de l 'école. Sylvie beaucoup plus à l'aise avec lesles_enfants_de_Develi contacts va au devant des jeunes, fait des photos, et se fait inviter à l'école par un professeur qui passe.Nous allons donc parler du voyage avec le professeur d'anglais qui nous emmène dans sa classe (élèves de 12/13 ans). Nous échangeons un peu avec l'aide de cette sympathique prof d'une trentaine d'années très intéressée et envieuse de notre voyage.

Puis c'est la récré. Cay dans la salle des profs, hommes, femmes -sans foulards- on discute avec eux en éludant certains sujets sensibles comme l'Arménie ou la religion. Les contacts ne manquent pas en Turquie!

Notre route continue par Pinarbasi où un çay nous est offert juste pour le plaisir de la discussion dans un café près du marché. Pourtant, ni Talip ni Mustafa ne parlent anglais et notre truc est réduit à 5 ou 6 mots! Qu'importe … le cay est servi!

Puis direction plein sud vers Kahramanmaras, ville moyenne, animée. Nous nous promenons dans le bazar, Sylvie s'achète des chaussures ottomanes très artisanales, nous goûtons à la spécialité de glace fouettée (dötme dondurma) résistante, compacte, au goût de crème,le_T4_en_r_paration dînons d'ayran (boisson à base de yaourt) et de döner et faisons ressouder dans un petit atelier à la périphérie de la ville notre pot d'échappement qui s'était coupé juste avant le silencieux.

Je me sens dans une ville du moyen orient, il faut dire qu'on approche de la Syrie.

Gaziantep est notre prochaine étape.

D, Kahramanmaras, 23 avril.