AVENTURES D'UN VW T4 EN LIBERTE

17 juin 2010

Et voilà ...

L'aventure est presque terminée …

Pour dresser un rapide historique des derniers jours, je dirais que si nous avons bien trouvé la fraîcheur en Autriche, nous y avons aussi rencontré un problème technique (le nous_deux_troisième du voyage, celui-ci étant le plus ennuyeux). Embrayage.

Le T4 a-t-il souffert des nombreuses côtes que nous l'avons obligé à gravir, ou n'est-ce qu'un problème d'âge? Quoiqu'il en soit continuer sur les routes autrichiennes n'étant pas envisageable nous avons rallié la France sans beaucoup d'arrêts (850 kms dans la journée sans toucher le levier de vitesse ou presque!) pour y faire réparer l'embrayage à Besançon où des cousins de Dominique nous ont accueillies au pied levé. Merci à Corynne et Patrick!

 

Retour en France plutôt brutal!

 

Les quelques contacts pris auprès de nos familles n'appelant pas un retour d'urgence, nous allons donc terminer le périple par une redescente tranquille, en essayant d'ouvrir nos yeux dans la même qualité de découverte que celle qui est la nôtre depuis 3 mois. Ce ne sera sans doute pas facile mais c'est un jeu intéressant, qui mérite bien d'être tenté.

 

Merci à tous ceux qui nous ont suivies sur ce blog, aux commentaires qu'ils y ont laissés et qui nous ont toujours fait plaisir … à bientôt chacun, de vive voix !

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11 juin 2010

Dernier post de Roumanie

Une soirée à Apoldu de Jos

C'est la fin de la journée à Apoldu de Jos, un village saxon de l'ouest de la Roumanie. Longuemaison_de_village_de_type_saxon rue principale bordée de fermes qui ne nous montrent que leur dos : murs, grands porches, fenêtres sur rue presque toujours closes ; puis un fossé assez profond, un talus d'herbe et des passages pour faire communiquer la chaussée et les habitations.

Ce soir, comme tous les soirs, un fermier attend devant sa porte cochère. Plus loin c'est une femme qui guette. Le long de la rue on voit des gens devant leur habitation. Que peuvent-ils bien attendre ? Elles arrivent avec leur maître de retour de leur sortie à la campagne (c'est vraiment l'image que j'en ai eue) : une file de vaches qui avance au milieu de la rue suivie par un berger et son chien. Quand une vache reconnaît sa maison et son maître elle se détache du troupeau et rentre chez elle. Le fermier referme derrière elle la grande porte cochère. Mais tous les fermiers ne sont pas là à l'heure du retour… Alors la vache reconnaissant sa maison, se détache du troupeau et va attendre patiemment devant chez elle que son maître lui ouvre. Tout au bout de la rue le berger et son chien maintenant seuls rentrent chez eux. Le lendemain matin, au passage du berger, nos vaches une à une, parfois à deux ou trois, sortent des fermes et vont grossir le troupeau qui s'éloigne dans les champs pour la journée. On se dit que ces vaches-là ont quelque chose de l'humain et que ces paysans-là ont un bon sens de la collectivité.

Bavardages___l_ombreIl est 20h et le magasin mixt (petite épicerie) près duquel nous sommes arrêtées est toujours ouvert. Un petit garçon de 5 ans venu acheter du pain à vélo a bien des problèmes en ressortant du magasin : il lui faudrait trois mains, deux pour le guidon et une pour le pain...

Deux gitans portant des chapeaux à large bord, suivis d'une femme,Gitans_sur_la_route traversent fièrement le village en marchant au milieu de la rue. La femme porte une jupe longue, à plis, d'un beau rouge fleuri et un petit gilet en cuir. On les voit s'éloigner. Ils habitent certainement tout au bout du village comme nous avons souvent pu le constater.

Des acheteurs passent encore tardivement la porte du magasin mixt qui n'éteindra ses lumières que vers 22h. Tout est calme maintenant dans le village. Chacun vit sa vie intra-muros.

Nous quittons la Roumanie (très chaude en ce moment) pour la fraîcheur des montagnes autrichiennes après une rapide traversée de la Hongrie.

D, Oradea, 11 juin.

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06 juin 2010

Du delta à Râmnicu Vâlcea

Buna dimineata ! (Bonjour, le matin)

Vous décrire la Roumanie n'est pas chose facile. Non que le pays ne le mérite pas, bien au contraire, mais parce que nous ne le découvrons pas. Il y a une grande différence entre un premier voyage dans un pays et un second! En effet tout ce qui a fait notre surprise en Turquie a eu lieu pour la Roumanie en 2007 et notre regard n'a plus cette fraîcheur de la nouveauté qui facilite tant l'écriture, la rend vivante et pleine d'attrait. Mais je vais essayer car je sens derrière ce blog quelques oreilles attentives que je ne voudrais pas décevoir!

Reprenons où nous en étions. Au delta du Danube.

delta_du_DanubeDans notre voyage il faut considérer ce passage comme un petit échec, n'ayons pas peur de le dire! Dominique surtout souhaitait y aller, à la rencontre d'un rêve, d'un fantasme, nés d'un documentaire et de son amour des grands fleuves mythiques mais la rencontre n'a pas eu lieu ... D'abord, les oiseaux des guides touristiques étaient tous en train de nicher, bien cachés, et à part un vol de cygnes aperçu de loin nous n'avons pas vu plus d'ailes qu'ailleurs et moins qu'en camargue (j'entends déjà les mauvaise langues dire que ce n'est donc pas la peine d'aller si loin!). Ensuite nous aurions dû avoir l'énergie de poser le camion pour une nuit dans la ville de Tulcea, de prendre un bateau qui en plusieurs heures nous aurait amenées dans un village du delta pour nous en ramener le lendemain mais nous ne l'avons pas eu. Il y a dans tout voyage au long cours des moments de creux, des questionnements, des manques d'énergie. Ce fut le cas dans le delta. Nous avons également pu observer dans les villages que nous avons traversés un problème d'alcool chez certains hommes et ce sont des comportements qui toujours nous inquiètent. Nous sommes donc restées en bordure du delta et n'avons pas insisté …

Notre route pour rallier le centre de la Roumanie passant par Buzau nous y avonsimmeubles___Buzauimmeubles___Buzau «chargé à bord» une sympathique équipe de 4 stoppeurs (avec 4 sacs, d'où l'emploi du verbe «chargé») qui nous a entraînées dans la visite des volcans de boue à Berca. Visite très agréable volcan_de_boue___Bercaavec ces jeunes étudiants/erasmus, filles et garçon, tchèques et espagnole, malgré un temps fait d'averses, ce qui n'est pas l'idéal pour grimper à la rencontre d'un volcan de boue vous l'admettrez! Mais le site est magnifique et nous en avons bien profité. Ceux qu'une visite informatique intéresse peuvent se rendre sur le site www.muddyland.com (vulcanii noroiosi), adresse donnée par le gardien du site.

une_route_secondaireNous ne progressons pas vite en Roumanie, les routes sont des pochettes surprises. La carte routière nous indique bien la taille supposée de la route (rouge, orange, jaune, blanc, noir) mais pas du tout son état qui varie de l'excellent («drum reparat» comme le signalent parfois des panneaux) à la collection de nids de poules comme nous en voyons rarement! Ces routes-là, imprévisibles, sont pénibles et interminables, fatigantes surtout ! Heureusementmaison_au_bord_de_la_route paysage_des_Carpateselles traversent la plupart du temps des paysages superbes, des montagnes douces, des villages d'incroyables maisons (j'ai un grand faible pour les maisons roumaines), elles longent des torrents, s'enfoncent dans des gorges, se perdent dans les alpages où paissent des troupeaux et c'est un vrai bonheur pour le copilote!

L'une de ces routes (non asphaltée) nous a ainsi menées à Viscri, petit village quecerises___vendre__si_joliment_pr_sent_es_ le «routard» décrivait comme : «un des plus beaux villages saxons qui semble resté hors du temps». Nous avons une confiance assez modérée en ce guide mais le commentaire étant confirmé par «évasion», notre second compagnon de route, en avant pour Viscri!

Ce fut du grand beau! Arrivées assez tard nous nous sommes installées dans la rue principale en terre qui est si large qu'elle sert de pré communal. Quelques chevaux,la_rue_principale_de_Viscri quelques vaches y paissent en toute liberté le matin avant d'être emmenés aux champs, un troupeau de moutons l'emprunte du haut en bas dans un léger tintinnabulement de cloches pour se rendre en pâture, des pintades, des canards y trouvent toute la journée un repas de plein air, des chiens passent, s'y endorment une_ferme___Viscri… Les fermes qui la bordent, toutes de construction saxonne, sont parfois restaurées et servent de «pensiune» aux touristes, assez nombreux car le village fait partie du patrimoine mondial de l'unesco ce qui sans doute explique en partie sont état de conservation et de restauration. Vraiment oui, ce village mérite un détour!

En Roumanie j'avais un rendez-vous, une visite que je tenais particulièrement à honorer et après avoir visité le célèbre château de Bran, nous avons pris la direction de Râmnicu Vâlcea où nous attendait la famille de Raluca.

En 1997 Raluca était venue à la maison lors d'un échange scolaire après que Violette ait été accueillie chez elle et je n'avais jamais oublié la petite fille qui avait découvert la France comme Violette avait pu découvrir la Roumanie. La petite fille a grandi et c'est une splendide jeune femme de 24 ans qui nous a ouvert les bras! Que de choses à se raconter, de souvenirs à se rappeler! Raluca et sa mère parlent un français à nous faire rougir de notre triste connaissance des langues et son père a pu en anglais nous détailler ses collections de tous ordres, nous raconter son pays, ses espoirs et ses déceptions.

La gentillesse et la générosité de l'accueil qui nousDorin__Raluca_et_Marieta_Vlad ont été offerts resteront pour moi un moment fort de ce voyage et je tiendrai la promesse que j'ai faite de revenir … A notre départ le lendemain, après ces heures de discussions qui enrichissent les uns et les autres, Mariette, la maman de Raluca nous a donné un énorme sac rempli de fruits, de légumes, de porc (le cochon de la grand-mère) et de préparations maison (sirop de rose, bocaux de cornichons, de sauce tomate ...) sans oublier pain et fromage, un festin!

Je souhaite très fort à Raluca que son projet aboutisse, qu'elle puisse venir en France préparer à Grenoble son doctorat en informatique et image et je serai des plus heureuse si je peux alors et d'une quelconque manière lui être utile …

Multumesc mult à la famille Vlad pour son chaleureux accueil et tous ses cadeaux !

S, quelque part en «haute montagne» sur la route transfagaras, près du lac glaciaire de Bâlea, le 5 juin.

PS info: nos post risquent de s'espacer … nous avons un peu de mal à dénicher des espaces internet ...

Note de dernière minute : Nous n'aurons jamais accédé au lac de Bâlea! Route coupée par la neige, 3kms avant !!! Trop tard pour faire demi-tour... nous dormons sur place, à 1800m d'altitude, environnées de troupeaux, dans un cadre sauvage et splendide. Le lendemain retour à la case départ pour rattraper la nationale en direction de Sibiu. Un petit détour de seulement 160 kms !

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28 mai 2010

Nous avons traversé rapidement la Bulgarie par la route côtière de la mer noire, qui  pourrait s'appeler «route d'immeubles qui cachent la mer et en privatisent les accès»!

Nous voilà en Roumanie dans le delta du Danube. Nous commençons la visite du delta par les lagunes de Razim et Sinoïe, au sud. Ce delta est actuellement protégé. C'est aussi un endroit bien particulier où se sont retranchés dans des temps plus ou moins anciens des proscrits et réfugiés grecs, turcs, tsiganes, tatars et vieux croyants russes, les lipovènes fuyant les persécutions .

CatalineC'est Cataline, un jeune homme que nous rencontrons au PAPI de Jurilovca (punct de acces public la informatie) qui en anglais nous raconte son histoire : celle d'un descendant de lipovènes dont la famille s'est installée dans le delta il y a 300 ans. Les lipovènes ou raskolniks n'ont pas accepté la réforme de l'église imposée par le tsar au 17ème siècle et ont continué à célébrer leur culte «à l'ancienne». Ils ont été persécutés et ont fui dans les profondeurs de la Sibérie (cf : le livre «Ermite dans la Taïga») , au Canada, aux USA et aussi dans le delta du Danube. Ces derniers, ceux qui ont rejoint la Dobrogea,Maison_typique_du_delta (cette région de Roumanie dans laquelle nous nous trouvons) étaient des pêcheurs du Don. Ils sont devenus pêcheurs sur les lagunes. Cataline nous montre de vieilles photos de la communauté russe sur lesquelles on voit son grand-père partant à la pêche. Les bateaux étaient des lopcas, petites barques à une voileles_barques_de_la_lagune et les filets avaient des nasses aux extrémités. Il nous explique que les jeunes parlent toujours le russe entre eux, évidemment aussi en famille. Lui ne sera pas pêcheur. Il apprend les langues par tous les moyens (en regardant des films sous-titrés, en parlant à des étrangers) et travaille pour l'office du tourisme. Mais il se sent russe tout en étant un citoyen roumain. Dans cette région 20% de la population est d'origine étrangère.

Ce soir nous allons retourner stationner le camion près de la conserverie de poissons sur le bord du petit port avec vue sur la lagune et ses histoires d'hommes déracinés.

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23 mai 2010

Turquie suite et fin

Après une halte de quelques jours à Istanbul où nous avions pu garer le camion à un la_mosqu_e_bleue__vue_du_camion__emplacement «de rêve», dans un otopark calme et gardé au pied de la mosquée bleue, nous avons pris le chemin de la Bulgarie que nous ne ferons que traverser pour nous rendre en Roumanie.

vue_g_n_raleCes quelques photos évoquent l'ambiance de la ville d'Istanbul qui mériterait à elle seule un long texte … Nous le ferons de vive voix ! Ce qu'on peut en dire rapidement, c'est qu'on appréhendait unsc_ne_de_rue peu le bruit et la fureur de cette ville tentaculaire. On a réussi à se caler au calme et à profiter du quartier sc_ne_de_rue_2de Sultanahmet et de ses monuments emblématiques mais aussi de l'ambiance qui règne sur les quais au pied du pont de Galata, des bazars etc...

Nous quittons donc la Turquie après un périple de 6000 km.

Pour les curieux, quelques spécificités turques :

SUR LA ROUTE

Les chantiers routiers : dans tout le pays, des travaux titanesques sont en cours pour transformer de simples routes secondaires en 2 fois 2 voies. Sur certains tronçons, seul le gros œuvre est terminé ou les travaux sont en cours et les véhicules circulent sur de la piste en cailloux ou en terre pendant des kilomètres. Sur d'autres routes la moitié de la chaussée prête à recevoir de l'asphalte semble être en attente depuis un temps assez long comme si le chantier était bloqué. On s'est demandé pourquoi de tels chantiers pour une circulation aussi peu dense ?

Les Dolmus : des minibus de 15 places, souvent flambant neufs, relient entre eux les petites villes et villages sur de courtes distances. Les gens, hommes et femmes attendent sur le bord des routes (hommes face à la route, femmes dos à la route) et leur font signe pour se faire emmener. Dans les villages ils sont empruntés par les paysannes qui vont travailler dans les champs.

La R 12 : la voiture de base des campagnes turques, en berline ou break.

Trafik control : lorsque la police ou la jandarma arrête des véhicules pour les contrôler, le policier, à notre approche, nous indique comme aux autres de nous garer sur le côté, mais aussitôt qu'il voit notre plaque étrangère, il nous fait signe de continuer notre route : bien agréable !!

2 fois 2 voies : la plupart des villes petites ou grandes ont leur entrée en 2 fois 2 voies avec terre-plein central.

La jandarma : elle est un peu l'équivalent de notre gendarmerie, présente partout même dans les petits bourgs. Dans l'est du pays, elle garde ponts, cols, et endroits stratégiques. Elle est de garde dans des casemates sur des hauteurs avec sacs de sable en protection, mitraillette à l'épaule jour et nuit. En région kurde, on peut même voir quelques tanks y compris dans les villes. La police «Polis» des villes qui fait des rondes constantes et parfois des milices d'habitants qui font de la surveillance, complètent le dispositif. Pas de problème, on est bien gardé !!

BOIRE ET MANGER

Firini__Four_Ekmek : le pain s'achète dans les «firin» qui sont des boutiques dans lesquelles se trouve le four à pain. Les pains à la vente sont souvent rangés un à un sur des étagères en bois dans la vitrine ou posés sur un comptoir. Ovales ou formés de plusieurs boules comme une brioche, bien levés et pleins de mie ou plus plats en forme de galette, ils sont toujours excellents. On vous a déjà montré le simit, petite couronne parfois tressée et recouverte de sésame.

Toutes les petites épiceries servent de dépôt de pain. Il est alors présenté dans de petits placards vitrés devant la boutique.

Peynir : les turcs consomment beaucoup de «féta» et de yaourth souvent vendus par kilo. Sinon le fromage est une pâte cuite au lait de vache, assez insipide. Dans certaines régions, on trouve du fromage de brebis, tressé ou en miettes ou en boules, nature ou aux herbes.

Cay : la boisson nationale. Il est produit à l'est du pays près de Rize dans les contreforts desautour_d_un__ay_avec_Talip_et_Mustafa montagnes qui descendent vers la mer Noire. Il est bu partout à tout heure, au travail, à la maison, au café, dans les boutiques, dans la rue. Il est offert très fréquemment. Il existe des porteurs de cay : c'est leur travail de distribuer le cay à longueur de journée. Nous avons pu le constater lors de notre journée passée dans la concession Volkswagen de Gaziantep.

La bière : la principale marque de bière est EFES qui a inondé le pays de ses enseignes. Elle est bue en toute discrétion et nous ne l'avons jamais vu boire dans les cafés. Nous avons par contre souvent vu des hommes se retrouver en voiture dans des lieux un peu isolés pour boire une ou deux canettes qu'ils laissaient vides sur place avant de repartir. Cela ne se fait visiblement pas de boire de l'alcool publiquement ! Et nous n'avons vu aucun individu ivre sur la voie publique pendant tout notre voyage.

OFFRIR

On rencontre et on offre facilement en Turquie : on nous a offert des cays et des nescafés partout, de la bière une fois, un petit déjeuner, des repas, du poisson, des boîtes de raisins secs, un bouquin, un petit bracelet, des fleurs...

Merci à tous pour ces gestes d'accueil et de générosité!

REMARQUES DIVERSES

Atat_rk__et_la_R12__Culte de la personnalité : des noms de rues, d'avenues, de boulevards portent son nom. Des statues sur les places prestigieuses des villes ou dans les centres des villages le représentent droit dans son uniforme militaire, ou monté sur un cheval. Des portraits sur d'immenses drapeaux qui flottent en haut des mâts ou qui couvrent les murs de monuments montrent son visage à tous les âges de sa vie. Partout, partout Mustafa KEMAL, l'homme qui, d'une poigne de fer a mis en place la république turque contemporaine, est reconnu, encore aujourd'hui comme Atatürk, père de la patrie. Ses immenses portraits voisinent avec le drapeau turc visible dans tout le pays y compris sur les balcons des immeubles ou sur les plages arrières des voitures.

Les retraites : 25 ans de travail et on peut toucher sa retraite en Turquie. Un français en rêverait. Ce que je ne connais pas c'est le montant versé ?

Entrée de la Turquie dans l'Europe : Vraiment non merci. Les quelques turcs auxquels nous avons pu poser la question n'en voit pas l'utilité ni d'éventuels avantages.

La France : Les turcs connaissent «Germania» mais la France ne semble pas ou très peu connue.

Français et Turc : les mots : A notre surprise, certains mots turcs sont des traductions phonétiques de mots français :

toilettes = tuvalet petit beurre = pötiböre

charcuterie = sarkuteri taxi = taksi

tomates = domates autobus = otobüs

remorque= römork télévision = televizyon

hotel= otel gendarmerie = jandarma

coiffeur = kuaför restaurant = restoran

gaufrettes = gofret ventilateur = ventilatör

pardon = pardon et bien d'autres ...

D. le 23 mai à Kirkarelli

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16 mai 2010

De la mer noire à Iznik

Vous nous avez quittées à Persembe, côte de la mer noire ? Nous sommes aujourd'hui à Iznik, au bord de l'Iznik Gölu (gölü=lac), pas très loin au sud est d'Istanbul! Du trajet a été fait ... Que les amateurs de circuit, ceux qui suivent du doigt nos déambulations sur une carte routière (j'ai principalement nommé nos mères, ah! ah!) se repèrent : après Persembe, Unye. C'est à cet endroit que nous quittons la côte, bien sûr décevante. Pourquoi bien sûr? Mais parce que les guides le disent tous et que nous … pas si malines que ça, on passe outre!

La côte de la mer noire (au nord du pays en tout cas) c'est : dans l'ordre, 1- la mer, 2- une bande très étroite de rochers, de fausses plages où quelques bateaux arrivent à s'accrocher à des digues artificielles, 3- une 2 fois 2 voies -voitures, camions, bus, cars, 4- une succession de petites villes sans intérêt particulier et 5- la montagne. Pas du tout ce à quoi s'attendait Dominique qui a bien vite rangé ses rêves de petits ports, de pêche à la ligne et de farniente au bord de l'eau … Impossible de s'attarder dans le coin.


Je ne vous cacherai pas que nous avons subi une période de perturbations internes depuis à peu près Diharbakir... A cet endroit du voyage nous avons abandonné l'idée de nous enfoncer plus à l'est vers le lac Van puis le mont Ararat, comme c'était plus ou moins prévu.

Et pourquoi donc?

Les raisons de l'une ne sont pas exactement celles de l'autre mais pour ne pas faire de ces questionnements intérieurs le sujet principal de ce post, je dirai juste que nous ne voyageons pas ici avec autant de « détente » que dans d'autres pays. Dominique se sentant profondément « fille du nord » a un peu de mal avec les cultures du sud et notamment les contacts avec la population. Et moi, « fille de la campagne », j'ai un peu du mal avec le rythme que nous soutenons, le bruit des moteurs -le nôtre ou celui des autres, les parkings de ville où nous dormons.

Voyager comme nous le faisons nécessite de l'adaptation (et la permet : pas de réservation, de billet de retour etc), nous nous sommes donc adaptées et avons décidé après moultes discussions d'accélérer notre progression.


Je tiens à préciser que La Turquie elle-même n'est pas responsable de notre petit changement de programme! C'est un pays magnifique (grande diversité de paysages), qui offre une richesse historique et géographique permettant beaucoup de visites, on s'y sent tout à fait en sécurité et ses habitants sont accueillants et chaleureux. Apparté : avant le départ nous nous demandions comment nous allions être perçues puisque nous voyageons sans hommes dans une société où la place de la femme n'est pas celle de nos pays. Cela n'a posé aucun problème, vraiment aucun.


Non, ce n'est pas le pays lui-même qui fait que nous modifions nos plans mais plutôt nos états intérieurs...


Quittant donc la triste côte nord de la mer noire nous piquons vers l'intérieur du pays direction Amasya, (ville sans rien de très particulier à signaler sinon une ou deux rues de maisons ottomanes rénovées, on en verra de plus belles dans d'autres villes.)


Après Amasya, Kastamonu où nous dormons en haut de la ville sur le parking de l'hopital, puis Safranbolu.


Ah! Là nous avons trouvé notre petit paradis... Un endroit où nous reposer de nos ressentis, où trouver un deuxième souffle, un endroit où personne ne s'interroge sur notre présence, où j'entends chanter les oiseaux et peux regarder le soleil jouer dans l'herbe.

Pas à Safranbolu même mais à côté : Yörük Köyü, un paragraphe dans le Lonely et une pancarte marron fichée au bord de la nationale (les panneaux signalétiques sur fond marron indiquent les sites, les curiosités).

L'otopark où nous nous garons est prometteur : sur ce grand parking sablonneux encadré de verdure, nous sommes seules. L'air sent le printemps, le silence n'est troublé que par le chant des oiseaux et pour une fois le ciel bleu semble vouloir tenir jusqu'au soir ...

maisons_ottomanes___SafranboluMerveilleuse visite du hameau où la grande majorité des maisons date de l'époque ottomane. La plupart sont abandonnées bien sûr et souvent en mauvais état de conservation, mais il règne un calme splendide dans ces petites ruelles du passé où nous chuchotons comme dans une salle d'attente. Le village est encore habité et Filiz nous fait une visite épique de sa maison, une de celles qui, restaurées ont été converties en musée. Peu importe que nous ne pigions pas un motavec_Filiz de turc, Filiz possède un langage des gestes coloré et nous décrit chaque chose sur fond de rires et de complicité. Après la visite elle nous sert des gözelme au fromage (crêpes fourrées) et du çay : Filiz tient aussi un petit restaurant dans sa cour.


Nous passons à Yörük Köyü deux nuits successives, ce qui est très rare pour nous!

Bien sûr nous en profitons pour visiter Safranbolu qui n'est qu'à quelques kilomètres et dont la réputation est principalement bâtie sur son quartier ancien de maisons ottomanes ainsi que sur sa production de safran. Nous visitons mon premier mais n'achetons pas mon second!


dans_le_parc_national_de_l_Abant_G_l_Après Safranbolu, un peu de route jusqu'à l'Abant Gölu où nous passons une nuit calme dans un camping (dont le portail grand ouvert nous permet d'entrer mais qui attend visiblement l'été pour être en service). Vue sur le lac après une belle après-midi en pleine nature -où Dominique nettoie le camion à fond tandis que je fais une aquarelle.

Je dis nuit calme car la précédente l'avait moins été!

Essayant pour une fois d'éviter un stationnement en ville, nous avions jeté notre dévolu sur un agréable bord de route un peu en retrait. Arbres printaniers, prairie, derniers chants d'oiseaux, bref. Fin de journée tranquille puis dodo. Mais vers minuit ... coups de klaxon juste derrière nous! Dominique saute en l'air, je préconise d'attendre sans bouger. Re-klaxon, plusieurs fois. Je défais discrètement un des volets de l'arrière et jette un oeil : la Jendarma, gyrophare en fonction attend que nous nous manifestions!

Après un contrôle routinier des passeports on essaye de négocier pour rester là mais las …. non, non, ce n'est pas possible. Bon rien de bien grave mais fini le beau coup d'œil sur la campagne. La mort dans l'âme, on ramasse ce qui traîne, contact, phares et direction la ville.

C'est comme ça … pour la deuxième fois que nous nous faisons contrôler de nuit par la Jendarma (la première fois il était 3h du matin et nous avions pu rester sur le site) … le camping sauvage ici, faut oublier!


Après l'Abant Gölü, quelques heures de route nous ont menées ici donc, à Iznik. Le parking du port, en limite de ville, beau. Beau mais chaud ouh là!(28° dans le camion toute la nuit!), animé (derniers bruits de voitures et de conversations vers 2 h du matin et premiers à 5h!) …


Au programme de la journée : connexion internet, visite de la ville et gonfler nos batteries humaines avant d'aborder Istanbul, la trépidante et grande Istanbul!


S, Iznik, 16 mai.

Ekmek_et_peynir__pain_et_fromageBon appétit avec la dernière photo!


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07 mai 2010

En route pour la mer noire

Nous arrivons à Diyarbakir, ville kurde (bien que le Kurdistan n'existe pas, les kurdes, eux existent) par la 2 fois 2 voies habituelle qui traverse la ville nouvelle c'est-à-dire des immeubles récents à perte de vue, habités ou encore en construction. Nous roulons jusqu'à la vieille ville ceinte de remparts sombres et massifs en basalte avec quatre portes d'entrées aux quatre points cardinaux et nous garons rapidement car la circulation est dense, klaxonnante, et impatiente.

Nous découvrons en flânant dans les rues animées, cette ville très orientale : des hommesDans_la_rue___Diyarbakir portent le pantalon large à l'entrejambe, un petit gilet, une veste et sur la tête un foulard mauve, des femmes âgées sont habillées avec la tenue kurde qui ressemble à celle des photos anciennes des femmes algériennes dans les villages, d'autres portent le tchador.

La ville est un vrai centre commerçant avec des magasins ou des vendeurs ambulants de fruits et légumes, de fromage (en miettes, moulés artisanalement en petites boules ou en tresse, aux herbes), d'olives,de viande,de vaisselle, de tissus, … Nous parcourons le bazar et y trouvons du tabac vendu en vrac,au poids, goût Pall Mall ou Malboro.

Nous montons nous promener sur les remparts et découvrons à l'extérieur, les quartiers de maisons pauvres à toits terrasse qui s'étalent dans la plaine du Tigre que l'on voit au loin. Nous déjeunerons en ville de döner et d'Ayran (yaourth salé) et évidemment je craquerai pour des baklavas à la pistache que nous mangerons sur un banc, dans la rue, en regardant les passants.

Puis nous décidons de remonter vers le nord plutôt que de faire le grand tour jusqu'à la frontière arménienne. Il faut économiser sa monture, et je ne parle pas que du camion parfois fort secoué par quelques routes qui semblent abandonnées à elles mêmes, mais aussi de nous qui avons besoin d'un break de tranquillité.

Nous traversons une première barrière montagneuse parfois sous la pluie : il faut dire que contrairement à ce que j'avais imaginé avant le départ, dans la Turquie de l'est, le temps est plus frais que chez nous du fait de l'altitude, et de la continentalité, il pleut un peu presque tous les jours et le ciel est souvent nuageux ; donc la végétation n'est pas plus avancée qu'en France. A Erzurum où nous ferons une halte, nous sommes à 1950 m d'altitude, environnées de sommets enneigés à plus de 3000 m et du centre ville nous apercevons les remontées mécaniques d'une station de ski.

Col_Ovitdagi_Ge_idi_2600_mDernière barrière montagneuse à franchir avant la mer noire, le Karadeniz Daglari avec un col à 2600 m. Nous faisons une halte à Ispir, petit bourg de montagne et en repartons tôt le lendemain matin. La route serpente pendant des kilomètres avec des pentes qui sont de plus en plus enneigées jusqu'à recouvrir presque complètement les maisons aux abords du col. Des murs de neige plus hauts que le camion bordent la route qui n'est plus qu'à une voie par moment. Magie des monts enneigés tout autour de nous avec la chance de voir ce paysage sous le soleil.Au_col

Alors que nous sommes à mi-chemin de la descente vers Rize sur la mer noire, arrêtées au bord d'un torrent pour une pause, nous avons la visite de deux jeunes cyclotouristes français qui s'apprêtent à faire la montée. Nous invitons Stéphanie et Julien (26 ans) à prendre un chocolat chaud dans le camion et nous sommes tous contents et curieux de parler de nos voyages. Evidemment pour nous se mêle beaucoup d'admiration pour l'exploit physique qu'ils réalisent et aussi pour les conditions précaires de leur vie quotidienne (il faut être jeune !).

Ils sont partis de Bruxelles où ils habitent, au mois de septembre et ont roulé dans des conditions difficiles pendant l'hiver à cause de la neige et de températures parfois bien en dessous de zéro. Ils sont allés en Syrie et sont remontés à Trabzon en Turquie pour obtenir leur visa pour Julien_et_St_phanieentrer en Iran. Il ont l'intention de rouler jusqu'en Chine. Ils nous racontent les fréquentes invitations à dormir chez les habitants (quelquefois même l'envie de s'y soustraire pour se reposer des contacts), l'hospitalité syrienne, leurs rencontres, le problème de tendinite au genou de Julien qui les a fait rester 3 semaines à Trabzon. Nous passons un bon moment ensemble et nous repenserons et reparlerons souvent d'eux et de leur aventure.

Ce matin à Persembe sur la mer noire, alors que je dors encore, Sylvie se fait inviter chez un couple à prendre un petit déjeuner. Il est 7 heures. L'hospitalité turque commence tôt le matin !!

D, Persembe, 7 mai

PS : le blog de Stéphanie et Julien : www.lemicronomade.jimbo.com

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01 mai 2010

Un dîner en famille :

Kabala_et_l_EuphrateKabala est un petit village dans les pistachiers. Toits terrasse serrés les uns contre les autres où le beau vert vif des pistachiers lance sa respiration, cour d'école où s'ébrouent des enfants, minaret pointu dressé vers le ciel, Photo.

Nous longeons Kabala en nous rendant à Rum Kale, forteresse en ruine bâtie dans un méandre de l'Euphrate.

Soudain, à un virage de la route, il est là le fleuve et l'enfance de nos leçons d'histoire résonne en nous : qui pourrait oublier le Tigre et l'Euphrate, ces deux frères jumeaux qui n'allaient jamais l'un sans l'autre?

Le voilà l'Euphrate, paresseux et large, infiniment bleu, poussant ses méandres dans le plateau rocheux qu'il a patiemment creusé. Dans l'un d'eux l'homme y a bâti Rum Kale dont il subsiste aujourd'hui de majestueuses ruines. De la rive, elles nous font face dans un arrondi d'eau presque parfait.

Le parking surplombe quelques bateaux amarrés pour la promenade des touristes et un grand ponton de bois clapote doucement invitant à la méditation autour d'un çay.


Plus tard.


Remontant d'un escalier creusé dans le talus, un homme apparaît soudain à côté du camion où nous sommes en train d'étendre une sommaire lessive:

«- Merhaba!

- Merhaba!

- sormak istediyiniz varmi ?

- ???? »

Sourires, gestes, début de conversation entre un turc qui ne parle que turc et deux femmes qui ne parlent pas turc. Il faut de la créativité pour se faire comprendre et le dictionnaire de notre petit livre « parler le truc en voyage » est rempli de lacunes, mais Numan est un homme patient et il a son idée en tête : nous inviter chez lui.

Sur mon carnet il écrit les phrases qu'il nous prononce comme si l'écrit allait rendre plus compréhensible son souhait! N'empêche, pas si bête … ça nous permet d'aller à une pêche correcte dans le dico!

Est-ce la douceur de son sourire? Les deux jolies noisettes vertes de ses yeux?

Nous prenons le temps de le comprendre. Environ une demie-heure quand même!

Nos projets pour la nuit n'étant pas encore très précis (nous sommes assez éloignées d'une ville et il semble que nous ne pouvons pas rester sur ce parking), nous acceptons l'invitation et essayons de fixer rendez-vous à Numan : il est 17h30, nous serons à Kasaba, à deux ou trois kilomètres de là, à 19h.

Il semble comprendre et nous propose un çay sur le ponton, que nous acceptons aussi, rite quasi incontournable.


Nous ne saurons pas ce que Numan a compris de l'histoire des 19h mais une chose est sûre, il nous attend, ne bougera pas de là sans nous!

Nous espérions avoir un moment pour profiter en toute quiétude de cette fin d'après-midi délicieuse … las! ce sera une autre fois, ailleurs …


Suivant la R12 break de Numan (voiture fétiche en Turquie) nous remontons au village des pistachiers et nous garons le long de sa maison. les_toits_du_village

Un portail de fer coloré, une rigole de purin à enjamber et nous gravissons les marches d'un minuscule escalier de béton qui nous conduit à l'étage où nous attend sa famille, prévenue par portable depuis le ponton.

« Merhaba, merhaba! » La femme de Numan nous tend la main dans un grand sourire, ses enfants nous l'embrasse avant de la porter à leur front. Ils sont 4, entre 3 et 13 ans. Une fille, Seher, dont Ramazan 3 ans ne quittera pas la hanche et 3 garçons. Mustafa et Fevzi, les deux aînés ont un visage doux et calme, ils iront plus tard nous cueillir un superbe bouquet de roses, offert avec timidité.


la_famille_Kilin_Nous dînons là, dans cette petite maison de la campagne turque, à 50 kms de la frontière Syrienne. Comme les autres ici elle est cubique, en béton en partie chaulé et l'habitation se situe à l'étage, le rez de chaussée étant réservé aux animaux. Sur le toit terrasse où nous accédons par une passerelle branlante sèchent des bouses de vaches rondes de la taille d'un grand plat : elles serviront de combustible pour la cuisine, sans doute de chauffage l'hiver.

Seher_et_RamazanSous l'auvent d'herbe qui abrite du soleil nous avons une belle vue sur les maisons alentour, des gens nous font des signes de leurs terrasses, un enfant se cache, trop surpris de nous découvrir peut-être. Ceux de notre hôte, intéressés malgré leur timidité nous entourent, nous parlent, nous sourient, le temps passe avec tranquillité malgré le barrage de la langue … Je prends des photos, Seher, Islim et Rabiya dessinent dans mon carnet, le grand-père passe nous voir puis quelques voisines …

le_repas

Le repas est servi dans la pièce qui sans doute sert aussi de chambre la nuit.

Mur blanc, nu, des matelas en banquettes, un vieux poste de télévision, une toile cirée par terre sur laquelle nous partageons les plats préparés par la femme de Numan. Seul le plus jeune des enfants est là, réclamant à piocher du poulet dans l'une des assiettes. Le plat est assez pimenté mais il a l'air habitué!


Nous regagnons le camion un peu plus tard; la femme de Numan, les voisines, les enfants le visitent avec régal. Les yeux de Seher pétillent « süper!süper! » dit-elle en désignant tout à ses copines!

La nuit tombe lentement tandis que les hommes, installés à quelques mètres sur des chaises commentent leurs journées, parlent de nous peut-être …


S, Damlacik, 29 avril.

Au sommet du Nemrut

Nous suivons le cours de l'Euphrate en direction du nord et traversons Adiyaman puis Kahta. Dans cette ville, nous pensons faire quelques courses mais des travaux laissent la rue principale à moitié éventrée. Il a plu récemment et il est impossible d'accéder aux commerces sans se mettre de la boue jusqu'au dessus des chaussures. De toute façon, nous ne pouvons nous stationner, et suivons le flot de véhicules. La ville est très animée, pleine de camionnettes, de minibus chargés de marchandises à l'intérieur comme à l'extérieur. Nous nous retrouvons de l'autre côté de la ville et devons faire demi-tour pour trouver notre direction : celle du Nemrut Dagi.

C'est sur le sommet du mont Nemrut (2150 mètres) qu'un roi mégalomane de la période pré-Statues_du_Nemrutromaine a fait tailler deux terrasses pour y installer des statues colossales et entre les deux a fait élever un tumulus de rocs concassés de 50 mètres de haut. Pour y arriver une route assez vertigineuse et particulièrement pentue nous obligera à plusieurs arrêts pour faire refroidir le moteur. (on monte les 15 km pratiquement tout le temps en première ! )

Plus on s'élève, plus le spectacle est éblouissant.

Nous passerons la nuit au sommet avec l'autorisation des gardiens du site.

Finalement, plus que les statues elles-mêmes c'est le paysage immense à contempler qui me fascine.

Vue_du_Nemrut_corrig_eEn effet, du sommet, on a une vue sur toute la chaîne des montagnes de l'Anti-Taurus, au loin vers l'est, l'immense courbe de l'Euphrate qui s'étale dans des plaines vallonnées, des rivières qui serpentent au milieu des cultures. Les nuages qui défilent lentement laissent filtrer une lumière toujours différente.

Paysage grandiose .

D. le 30 avril

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26 avril 2010

Les mosaïques de Zeugma

Je devrais vous écrire un texte sur le musée de Gaziantep où se trouvent les mosaïques de Zeugma mais c'est impossible.

Il me faudrait pour cela de la musique, quelque chose de grand et fort, une musique qui prenne aux tripes. Il me faudrait des mouvements de ralenti, des zooms, des envolées. Vous décrire les mosaïques de Zeugma serait diminuer leur immensité, l'infinie poésie des gestes, la courbe des drapés, la profondeur des regards ...

Je ne peux que vous envoyer le pâle reflet photographique de cette extraordinaire_MG_9415 découverte qui a failli sombrer, être engloutie, disparue lors de la mise en eau du barrage de Birecik sur l'Euphrate. Tout au long de ma visite je n'ai cessé d'être habitée par la pensée de l'émotion qu'avait dû ressentir l'équipe qui a mis à jour ces oeuvres du passé. L'intensité de cette émotion-là.

_MG_9411_MG_9443

S, Gaziantep, 26 avril.

Spécial post-scriptum pour Brucile84 qui a 82 ans demain :

Bon anniversaire, maman ! (je n'ai plus ton email depuis que tu as quitté free et oui, nous avons bien emprunté la 300, quelle précision!)

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Rencontres

Nous avons quitté le « triangle touristique de la Cappadoce » pour nous diriger à l'est vers Develi. Nous traversons de vastes paysages de plateaux en altitude. Il ne manque que les yourtes pour se croire en Mongolie!Sur_la_route_de_Tomarza

En route, alors qu'il tombe un orage de grêle, nous nous arrêtons en bordure du village d'Akköy, dans la montagne, pour déjeuner. Un point d'eau, un endroit un peu plat proche d'une maison fera l'affaire. Alors que nous finissons notre repas, une femme sort de sa maison et s'approche un peu. Je sors du camion et vais à sa rencontre. Le contact s'établit immédiatement en allemand. Sherife est une femme d'une soixante d'années qui a vécu en allemagne où travaillait son mari.Nous faisons connaissance. Elle va chez elle et nous rapporte un plateau avec 2 verres de café. Nous la faisons monter dans le camion et Sherifel'installons dans « notre salon ». La conversation va bon train : les enfants restés en Allemagne, les petits enfants, on lui montre les photos des nôtres, on parle du travail. Elle nous fait comprendre qu'en Allemagne, elle ne portait pas le foulard, mais qu'ici c'est différent. Nous prenons des photos dans le camion car il pleut encore dehors, les lui imprimons et lui donnons. Elle est ravie de ce moment de distraction et nous de cette belle rencontre.

Nous poursuivons notre route en direction de Develi, une petite ville sans attrait particulier pour d'éventuels étrangers de passage. Sous la pluie, nous traversons la ville par la rue principale à la recherche d'un magasin pour faire quelques courses. Nous trouvons un petit supermarché. La caissière et la vendeuse pouffent de rire à notre « merhaba » (bonjour)! Elles sont très étonnées, excitées, intriguées de nous voir : des touristes !!Nous achetons le minimum qui nous est nécessaire dans ce magasin un peu vide.

La fin de la journée est proche, nous devons trouver un coin hospitalier et tranquille pour la nuit. Nous cherchons … rien de très engageant. Nous nous stationnons finalement à proximité d'immeubles récents à la périphérie de la ville. Ca a l'air calme. Ah!ah! erreur! erreur!

Deux jeunes garçons qui s'ennuient un peu commencent à tourner autour du camion, tentent des « hello! » pour nous faire sortir. Le plus jeune, un peu excité, frappe à la carrosserie. On ne s'en sortira pas sans contact : il faut sortir, ce que je fais un peu agacée. Quand j'ouvre la porte, les gamins surpris s'envolent comme des moineaux puis s'arrêtent. Quelques mots s'échangent en anglais et en turc ( what's your name? Les noms de clubs de foot turc etc) Leur curiosité satisfaite, ils s'éloignent.

Ah!Ah! Tranquilles? Le lendemain matin à l'heure de la classe, ça recommence!

Il faut dire que nous sommes sur le chemin de l 'école. Sylvie beaucoup plus à l'aise avec lesles_enfants_de_Develi contacts va au devant des jeunes, fait des photos, et se fait inviter à l'école par un professeur qui passe.Nous allons donc parler du voyage avec le professeur d'anglais qui nous emmène dans sa classe (élèves de 12/13 ans). Nous échangeons un peu avec l'aide de cette sympathique prof d'une trentaine d'années très intéressée et envieuse de notre voyage.

Puis c'est la récré. Cay dans la salle des profs, hommes, femmes -sans foulards- on discute avec eux en éludant certains sujets sensibles comme l'Arménie ou la religion. Les contacts ne manquent pas en Turquie!

Notre route continue par Pinarbasi où un çay nous est offert juste pour le plaisir de la discussion dans un café près du marché. Pourtant, ni Talip ni Mustafa ne parlent anglais et notre truc est réduit à 5 ou 6 mots! Qu'importe … le cay est servi!

Puis direction plein sud vers Kahramanmaras, ville moyenne, animée. Nous nous promenons dans le bazar, Sylvie s'achète des chaussures ottomanes très artisanales, nous goûtons à la spécialité de glace fouettée (dötme dondurma) résistante, compacte, au goût de crème,le_T4_en_r_paration dînons d'ayran (boisson à base de yaourt) et de döner et faisons ressouder dans un petit atelier à la périphérie de la ville notre pot d'échappement qui s'était coupé juste avant le silencieux.

Je me sens dans une ville du moyen orient, il faut dire qu'on approche de la Syrie.

Gaziantep est notre prochaine étape.

D, Kahramanmaras, 23 avril.

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